• MAURICE VARNIER mon arrière grand père

    MAURICE VARNIER mon grand père

     

     

    Maurice Varnier était sous-préft de Sidi-Bel –Abbès au moment où M. Jonnart fut nommé Gouverneur. Ce dernier lui confia le poste de Haut Commissaire qu’il a tenu pendant des années 

    Lors du voyage du Président Loubet en 1903,  il a été nommé Gouverneur du Maroc Oriental par intérim. (Lorsque M. Révoil fut relevé de ses fonctions)

    En cette qualité de Gouverneur, Maurice Varnier a accueilli et accomagné le Président durant tout son voyage. Le Président Loubet lui remettra la Croix de la Légion d'Honneur lors d'une cérémonie officielle en fin de son voyage.

     

    MAURICE VARNIER 1851-1919  
       

     

    MAURICE VARNIER mon arrière grand père

          VOYAGE PRESIDENTIEL -  Le Président LOUBET remet la Légion d'Honneur à Maurice VARNIER

    MAURICE VARNIER mon arrière grand père MAURICE VARNIER mon arrière grand père

     

    1919- DECES DE MAURICE VARNIER

    Article paru dans le journal « Les tablettes Marocaines du 6 décembre 1919" signé du Général Lyauté  

     Titre :    Monsieur Maurice Varnier – Haut Commissaire- du Gouvernement

    "C’est avec une profonde douleur que la population de l’Amalat a mardi soir, appris la nouvelle de la mort de M. Maurice Varnier Haut Commissaire du Gouvernement de la République dans le Maroc Oriental.

    Déjà le 30 octobre, elle avait voulu témoigner à M. le Haut Commisssaire lors d’un départ, qu’elle présentait définitif, les marques nombreuses de la sa respectueuse  sympathie. Et Maurice Varnier, par la foule qui se pressait devant sa résidence, fonctionnaires, commerçants, notables indigènes et Français, avait pu juger de l’attachement affectueux de la ville pour celui qui avait été depuis 1911 un cher éclairé et un administrateur dévoué.

    Aucun chef n’a su d’ailleurs se concilier come lui l’attachement et la reconnaissance de la population.

    M. Varnier après une rapide et brillante carrière, successivement administrateur, sous-préfet, avait été, tout jeune, nommé secrétaire Général du Gouvernement Général de l’Algérie. Il avait pu dans ce poste difficile, déployer toutes les ressources de son activité et de son intelligence.

    Il venait de prendre une retraite bien méritée, quand, en 1911, à la suite des incidents Toutée-Destailleurs, il était appelé par M. le Général Lyautey à la tête du Maroc Oriental en proie à la confusion et à l’anarchie, pour liquider avec pleins pouvoirs, une situation embrouillée et pénible.

    C’est que l’homme était et se sentait à la hauteur de la tache.

    Servi par des qualités exceptionnelles, esprit hardi et organisateur, intelligence lucide et vaste, connaissance et pratique approfondie de tout ce qui est nécessaire à un chef du gouvernement, mémoire extraordinaire, caractère froid et réfléchi, volonté de fer dans un corps qui ne paraissait pas sentir les atteintes des ans et surtout haute conscience de désintéressement et de probité, M Varnier était bien le Haut Commissaire qu’il fallait pour réorganiser ou plutôt pour créer le Maroc Oriental.

    Avec la collaboration d’auxiliaires dévoués qu’il avait su choisir et retenir auprès de lui, il commença cette œuvre de créations aujourd’hui presque terminée.

    Ravitaillement, finances, travaux publics, enseignement, services civils, prévoyance sociale, il n’y a aucune branche de l’administration qu’il n’ait ou créée ou développée avec une compétence et une activité inlassables.

    Là où tant d’autres en France et en Algérie ont échoués, il organisa merveilleusement pendant la guerre le service de ravitaillement : vente par la ville des œufs, bois, charbon, sucre, taxation des denrées. Grâce à ces sages mesures, la population de l’Amalat n’a pas eu à connaître les dures privations de ses frères de la métropole.

     

    Il refondit les finances, établit l’assiette des perceptions et des impots, et le Maroc Oriental vit un budget – le seul des budgets de guerre – qui comportait des excédents de recettes et permettait de faire d’Oudjda, d’une ville depuis si peu de temps Française, presque l’égale, au point de vue des travaux d’utilité et d’embellissement, des plus anciennes villes de l’Algérie.

    Malgré la guerre, malgré la rareté de la main d’œuvre et des matériaux, Oujda possède aujourd’hui grâce à l’initiative énergique de son Haut Commissaire, des routes bordées d’arbres, des jardins publics, des égouts, de nombreuses écoles ; Andrieu, Bob EL-Khenius, des Boulevards, des collèges, un hôtel des postes, un marché, des crèches, des infirmeries indigènes, un hôpital, etc…

    C’est là une œuvre grandiose et celui qui l’a conçue et réalisée peut en être fier.

    M. Varnier allait prendre sa retraite le 1er janvier 1919, c’est chose faite, en pleine activité, en service, pour user du terme consacré, qu'il disparait, mais avec la haute satisfaction du devoir accompli et la vision magnifique de son œuvre presque achevée ;

    Une glorieuse récompense d’une si belle carrière l’attendait au 1er janvier : la cravate de commandeur de la Légion d’Honneur. La mort, pressée et brutale n’a pas permis, hélas, à M. le Général Lyautey de l’attacher au coup de son collaborateur si zélé et précieux.

    M. Varnier disparait mais son œuvre reste, impérissable et féconde et resteront aussi ces ligues émues, cette belle citation, cette épitaphe élogieuse qu’est le télégramme adressé par le Général Lyautey à M. le contrôleur civil d’Oujda :

    « Apprenant le décès de Maurice Varnier, je prie le Général Cherrier, commandant la Division d’Oran qui occupait naguère hautes fonctions au Maroc, de me représenter personnellement aux obsèques à Alger et je désigne le Capitaine Lemaréchal pour l’y accompagner en le chargeant de s’entendre avec le Général Cherrier pour déposer en mon nom une belle couronne.

    Veuillez aviser et mettre en route le Capitaine Lemaréchal, je désirerais également que vous y envoyiez fonctionnaires indigènes ainsi que tous fonctionnaires et agents que vous jugerez possible.

    Je vous prie de faire connaître à la population d’Oudjda, les sentiments dans lesquels je m’associe à ses regrets de la perte de cet éminent Administrateur qui laisse à Oudjda une œuvre impérissable, rendez-moi compte.

    Lyautey »